samedi 5 décembre 2009

En attendant le titre (manuscrit I - extrait)

Une scène qui se passa sous mes yeux me plongea un peu plus loin vers ce que je croyais être réservé aux villes de seconde zone loin de cette ville dont la beauté me ravissait à chaque instant. Je détournai le regard comme si j’avais vu deux personnes faire l’amour en pleine rue. Je ne comprenais pas qu’on puisse s’arrêter pour caresser le chien d’un inconnu comme si c’était la plus belle chose qui soit. Cette personne avait peut-être un enfant qui était en train de crever sous ses yeux et elle préférait se pencher sur les bêtes. Je n’imaginais pas qu’on puisse être seul au point de réclamer un poil de tendresse. C’était pourtant un écho retentissant à cette petite boule nichée au creux de mon corps, mais moi je n’aimais pas les chiens. Ceux qui s’en entourent sont forcément des gens bizarres qui ont trouvé ce moyen pour s’éloigner de leurs semblables à coup de laisse. Heureusement les chiens ne sont pas autorisés dans le métro du moins n’en avais-je pas encore croisé. Le métro appartient aux gens pressés qui travaillent et qui n’ont pas le temps de promener un toutou au square du coin. J’adorais le métro Les Halles à cause de son tapis roulant qui me donnait l’impression d’avoir des ailes et d’enfin avancer à mon allure. J’empruntais avec une rigueur systématique la bande de droite, celle des personnes qui avancent sans en avoir l’air, sans retours ni regrets.

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