"Le droit élémentaire de toute personne vivant sur cette terre : disparaître sans rendre compte de sa disparition." Christian Bobin
L'exercice de ce droit , n'est pas facile ni toujours possible, il est en effet presque illusoire, comme dans la vie. Les patients en effet, et l'analyse elle-même, demandent le plus souvent que ce compte-là (et d'autres !) leur soit rendu. Michel Gribinski
samedi 30 janvier 2010
vendredi 29 janvier 2010
Pseudo psy
Après m’avoir dit : « Dieu est un père, mais les pères ne sont pas tous des dieux », il était visiblement très satisfait de l’effet que sa petite phrase produit sur moi. J’ai mis encore un certain temps avant de réaliser que l’homme dans son fauteuil n’était qu’un père loin d’être en mesure de rendre la liberté à sa fille. Celui-là non plus je ne l’avais pas choisi par hasard.
jeudi 28 janvier 2010
"Sait-on ce que c'est qu'écrire ?
Une ancienne et très vague mais jalouse pratique dont gît le sens au mystère du coeur.»
Stéphane Mallarmé, Quelques médaillons et portraits en pied
Stéphane Mallarmé, Quelques médaillons et portraits en pied
lundi 25 janvier 2010
Mot d'enfant (9)
L'enfant observe une gravure représentant un trois-mâts du dix-neuvième siècle.
" Bon-Papa m'a dit que c'était le bateau de ses ancêtres. Il voulait dire des hommes préhistoriques?"
" Bon-Papa m'a dit que c'était le bateau de ses ancêtres. Il voulait dire des hommes préhistoriques?"
samedi 23 janvier 2010
Le miroir aux alouettes
"Elle était comme toute attitude ou action où se révèle le caractère profond et caché de quelqu'un : elle ne se relie pas à ses paroles antérieures, nous ne pouvons pas le faire confirmer par le témoignage du coupable qui n'avouera pas ; nous en sommes réduits à celui de nos sens dont nous demandons devant ce souvenir isolé et incohérent, s'ils n'ont pas été le jouet d'une illusion de sorte que de telles attitudes, les seules qui aient de l'importance, nous laissent souvent quelques doutes."
Marcel Proust, Du côté de chez Swann.
mercredi 20 janvier 2010
Mot du jour
Diapré, ée adj. (XIVe ; v. diaprer). De couleur variée et changeante. "Nous nous éprenions de ce grand pays monotone, de son vide diapré, de son silence" (Gide).
lundi 18 janvier 2010
Ecouter l'autre, c'est être attentif à sa souffrance
"Souffrir, c'est donner à quelque chose une attention suprême."
Paul Valéry
Paul Valéry
jeudi 14 janvier 2010
Ne me dis pas que tu m'aimes (extrait)
On m’a donné une adresse pour apprendre à dire. Tu n'imagines pas comme c'est difficile d'en être réduite à être couchée face au plafond pour parler ! Régulièrement, je croise un homme dans les escaliers. A son regard fuyant, j’ai deviné qu’il sortait de l’appartement où je me rends tous les jeudis et qu’il donnerait n'importe quoi pour devenir transparent. Les mois passent et mon prédécesseur, toujours le même, ne semble pas s’habituer à nos furtives rencontres. Il s’obstine à m’ignorer, chacun pour soi ! Un petit sourire, pour m’encourager sur le chemin de la découverte intérieure, mais non, rien. J’ai compris, à présent moi aussi je rase les murs quand nous nous croisons tous les jeudis à la même heure. Ensuite c'est la même salle d'attente, les mêmes livres déposés négligemment à l'attention de ceux qui ne les auraient pas encore tous parcourus, les mêmes chuchotements avant que ne se ferme la porte sur chaque personne comme pour mieux préserver les secrets de chacun. Je paie pour dire des choses que je ne savais pas enfouies au fond de mon être. Je paie pour arriver à dire ce que je n'ai jamais dit à personne. Je lutte en permanence pour ne pas pleurer mais là-bas dans cet entre-deux de ma vie, les larmes trouvent toutes seules le chemin vers la sortie de moi-même. Je me déteste défaillante et là je n’ai plus d’autre choix que d’admettre que je le suis et qu’on m’avait menti jusqu’à présent ! Je ne peux pas y arriver et je peux encore moins y arriver toute seule, une vraie déconvenue. Pitoyable. Je découvre ainsi ce que tout le monde sait plus ou moins. A croire que j’ai été entourée de gens qui ont oublié de me dire l’essentiel. Il m'arrive de maudire ce lieu de l’intime où un inconnu s’apprête chaque semaine à cerner les plaies de mon âme que les autres ont si bien ignorées. En fais-tu vraiment partie, toi qui partages ma vie depuis trois ans ? Tu appartiens donc à ce cercle de gens, à ces autres à qui je ne peux en vouloir, je leur cache tellement bien ce qui n’est pas beau à voir. Je suis passée maîtresse camoufleuse, ça devrait être un métier. Mais je n'y arrive plus, je crois que c’en est fini de ma belle maîtrise et il paraît que je devrais m'en réjouir. Il faudra t'y habituer. A force, je suppose que je vais m’alléger de ce poids qui m’empêche de tracer ma route telle une grande personne, avec des projets, des perspectives, des envies et des rêves que tu partagerais. Toutes ces années passées et perdues à tourner autour du gouffre. J’officie entre les heures du midi pour n’avoir pas à te mentir encore. Une seule fois, j’y suis allée en début de soirée. Je n’étais pas chez Sophie comme je te l’avais dit devançant les questions que tu ne poses pas. Tu n’es pas quelqu'un de méfiant, tu me fais confiance ou alors tu cherches toi aussi à ne pas savoir.
lundi 11 janvier 2010
Des mots ...
"Il y a des mots qui prennent le sujet au corps, des mots qui rendent infirme."
Maud Mannoni
Maud Mannoni
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Mannoni - des mots qui rendent infirme
vendredi 8 janvier 2010
Il n'y a rien qui ne soit zen
"Un moine demande à Tchao-Tcheou : "Quel est le sens de la venue en Chine du premier Patriarche ?"
Tcheou dit : "Le cyprès dans le jardin."
La réponse est partout.
Tcheou dit : "Le cyprès dans le jardin."
La réponse est partout.
jeudi 7 janvier 2010
La vulnérabilité
"La vulnérabilité des choses précieuses est belle parce que la vulnérabilité est une marque d'existence."
mardi 5 janvier 2010
lundi 4 janvier 2010
Un moment n'est pas l'autre
"Il y a certaines paroles qui ne sont d'une vérité profonde qu'une seule fois."
Stefan Zweig, La confusion des sentiments
Stefan Zweig, La confusion des sentiments
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