vendredi 23 avril 2010

Michel Onfray et son "affabulation freudienne"

Elisabeth Roudinesco, Julia Kristeva et Roland Gori se sont chargés mieux que moi de répondre à ce séducteur médiatisé qui s'avère aussi être un imposteur. J'aimais l'écouter, comme beaucoup, parler à la radio de Kant et de Nietzsche mais en s'en prenant à Freud il a perdu aujourd'hui toute sa belle crédibilité ! Le père de la psychanalyse est certes critiquable et tous ses descendants se sont chargés de le critiquer, mais ils l'ont fait, contrairement à Michel Onfray, avec le recul nécessaire à une telle réflexion et à la lumière de leurs pratiques contemporaines et des textes qui n'ont jamais cessé de s'écrire sur les pratiques psychanalytiques. Les analystes en évoquant leur père, comme toutes les personnes ayant fait un détour par le divan, ont été capables de prendre ce qui avait de constructif dans son histoire et dans sa théorie et de laisser le reste aux penseurs en rond !
La clinque psychanalytique d'aujourd'hui repose évidememment sur cette formidable élaboration qu'a été celle de Freud autour de l'inconscient et de l'effet de la parole sur le sujet, mais plus d'un siècle plus tard, il reste bien des choses à remanier au jour le jour, avec chaque nouveau patient et dans les différents lieux de soins où se pratique encore la psychanalyse. C'est pourquoi la psychanalyse reste une science et une technique plutôt en bonne santé quoi qu'en pense M. Onfray !
Qu'un éditeur tel que Grasset ferme les yeux sur les innombrables erreurs, sans compter les affirmations délirantes et sans fondement, concernant Freud et sa technique psychanalytique qui figurent dans "Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne", ne peut s'expliquer que par l'appât du gain au mépris d'une vraie réflexion utile sur un sujet de société qui pourtant devrait être dans les attributions de M. Onfray.
"Si l'on devait mesurer la valeur de la réflexion intellectuelle et philosophique d'une société à la stature des concepts qu'elle construit et aux commentaires critiques des oeuvres qui l'ont précédée, on pourrait légitimement s'inquiéter de la dégradation intellectuelle de la nôtre" conclut R. Gori dans son article "Jeux de cirque" du 18 avril 2010.
En effet. GDD

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